Une citadelle à double fonction

Le Fort d’Entrecasteaux, anciennement propriété du Ministère de la Défense, a été cédé en décembre 2010 à la Ville de Marseille. Il constitue la partie supérieure du Fort Saint-Nicolas à Marseille.

Au XVIIème siècle, bien que Marseille fût sous tutelle française, elle affichait une grande indépendance à l’égard de la Couronne et une indifférence aux rappels à l’ordre du Roi Soleil.

 

Las des frasques marseillaises et de la défiance ouverte de la ville, Louis XIV prit Marseille par la force en 1660. Il s’installa brièvement sur les hauteurs de la rive Sud du port, sur la place de Lenche, afin de rétablir l’ordre dans la ville. Le port fut alors remodelé en profondeur et aujourd’hui, il a gardé quasiment l’aspect que lui a donné le roi. C’est à cette époque que fut construit le Fort Saint-Nicolas sur la rive Sud du port par le Général des Camps et le Commissaire Général des Fortifications Louis Nicolas, édifié autant pour protéger la ville que pour protéger le pouvoir et servir le symbole d’autorité auprès de la population. Louis XIV donna la direction des opérations au Chevalier de Clerville.

Ce Fort est une ingénieuse construction en étoile qui s’adapte au relief tourmenté de cette partie du port. Vauban intervint pour améliorer son dispositif de défense.
Dès 1686, la citadelle servit de prison aux soldats condamnés à de courtes peines par les tribunaux militaires. A cette époque, cinq protestants accusés d’espionnage pour le compte de Guillaume d’Orange y furent enfermés. Le 18 mai 1790, une foule de révolutionnaires attaqua le Fort et le détruisit partiellement. Ce n’est qu’en 1834 que la citadelle fut restaurée au moyen de pierres grisâtres, qui tranchent avec les teintes rosées utilisées à l’origine.
Sur ordre de Napoléon III, des travaux routiers scindèrent la citadelle en deux forts distincts, et ouvrirent un boulevard de circulation. Baptisé boulevard de l’Empereur en 1864, il devint boulevard Victor Hugo en 1870, boulevard du Pharo en 1871, puis boulevard Charles Livon en 1922.

En 1939, la citadelle accueillit deux hôtes célèbres : Jean Giono, qui évoque dans son roman Noé la cellule où il fut reclus vingt jours sans lumière, et le futur président tunisien Habib Bourguiba.

En 1969, le site fut classé Monument Historique.

En 2003, des travaux de restauration sont entrepris par l’association Acta Vista dans le cadre de chantiers d’insertion.

 

 

>> En savoir plus sur ACTA VISTA

Classement patrimoine Vauban - Classement patrimoine et insertion
Reportage de Gaëlle Cloarec (Radio Dialogue)