Des bains de style mauresque
► Historique
Au cours du XIXème siècle, une politique hygiéniste se développe en Europe occidentale. Pour améliorer la propreté de la population, les autorités publiques encouragent la construction de bains et la modernisation des lavoirs.
La construction de bains publics à Dunkerque est initiée dans les années 1890 par le maire Alfred Dumont. L’établissement remplira à lui seul trois fonctions : celles de bains-douches, de piscine et de lavoir public. Il contribuera ainsi à l’amélioration de l’hygiène des Dunkerquois (dont l’espérance de vie à l’époque n’est que de 45 ans), et répondra à leur engouement récent pour le sport, notamment la natation.
Trois architectes sont en charge de la construction de l’édifice : Albert Baert (à qui l’on doit la magnifique piscine de Roubaix), Louis Gilquin et Georges Boidin.
Les Bains Jean Bart ouvrent leur porte en 1897. L’établissement comprend un salon de coiffure, une salle d’escrime, des bains à vapeur, un bar-restaurant et un bassin ovale rempli d’une eau à 25 degrés.
A la fin du siècle, avec l’apparition chez les particuliers de salles de bains et de machines à laver, les Bains perdent peu à peu leur fonction hygiéniste. Seule la pratique du sport dans ces lieux reste d’usage.
Partiellement détruits par les bombardements de la première guerre mondiale, les Bains ferment une première fois en 1921. Réouverts en 1922, ils seront de nouveaux endommagés durant la seconde guerre mondiale et fermés au public. De 1953 à 1975, suite à des lourds travaux, les Bains deviennent un véritable lieu de rencontre pour les habitants de Dunkerque qui affluent le dimanche. De nombreux champions, comme Jean-Claude Lestideau, Michel Groux, Jacques Chavigne, Daniel Maginot, Jean Facq ou encore Marc Leferme s’y entraînent.
A la fin des années 1960, les Bains deviennent trop petits pour accueillir un nombre croissant de licenciés. En 1971, la ville inaugure le nouveau bassin à huit couloirs de la piscine Paul-Asseman. En 1975 les Bains ferment définitivement. L’ensemble se dégrade alors très rapidement.
► Architecture
D’inspiration orientaliste, l’édifice est un des derniers exemples du style néo-mauresque, très en vogue à la fin du XIXème siècle. L’Empire colonial est à son apogée et l’Europe se tourne vers l’Orient. Artistes et artisans sont nombreux à rechercher l’inspiration en Turquie, en Espagne, au Maroc ou en Algérie.
L’édifice, doté d’une coupole et d’une cheminée, fait penser à un minaret ; ces deux éléments ont été démontés après guerre. Les arcs, les lions en terre cuite, de nombreuses céramiques et mosaïques de couleur, ainsi que la porte massive ont été conservés.

